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Arts & culture en Suède
Peinture I Design I Musique I Artisanat I Religion I Autochtones I Langage I Société
Peinture
L’histoire des beaux-arts, comme l’ensemble de la culture suédoise, est assez récente et modeste comparée aux grandes civilisations du sud de l’Europe. Des époques historiques comme l’antiquité classique et la Renaissance n’ont tout simplement pas laissé de trace sous les latitudes suédoises. On peut considérer, du moins dans une optique internationale, que l’histoire des arts en Suède commence vers la fin du XVIIIe siècle avec le portraitiste Alexander Roslin et le sculpteur Tobias Sergel. En fait, ce n’est pas avant la fin du XIXe siècle, à l’époque du romantisme national, que la peinture suédoise s’est épanouie.
Tout comme en littérature et en architecture, l’amour de la nature est l’un des thèmes majeurs des œuvres de cette période. Les grands peintres nationaux du tournant du XXe siècle, Anders Zorn, Bruno Liljefors et Carl Larsson, expriment l’éternelle aspiration de l’âme nordique à la nature et à une vie simple et authentique. Zorn, avec ses baigneuses dalécarliennes, est un peu le précurseur des cinéastes qui, plus tard, ont fait croire au monde entier que la Suède était la patrie du nudisme, de la libération sexuelle et du péché.
Dans les années 1960 et 1970, la Suède, et en particulier sa capitale Stockholm, ont pris place sur la carte mondiale de l’art moderne avec l’ouverture du Moderna museet sous la houlette du légendaire Pontus Hultén (par la suite directeur du Centre Pompidou de Paris et d’autres grands musées internationaux). Pendant une quinzaine d’années, Stockholm a été l’un des grands lieux de rencontre du monde artistique international. On s’accorde aujourd’hui à reconnaître que le Moderna museet a été l’une des forces d’impulsion majeures parmi les musées d’art moderne à cette époque. C’est alors qu’il a constitué sa collection permanente d’art international du XXe siècle, en particulier de pop art, qui est parmi les plus remarquables du monde. En 1998, le musée a été réinauguré dans un bâtiment entièrement neuf conçu par l’architecte espagnol Rafael Moneo.
À l’instar de la tendance qui prévaut dans la musique, le design, le cinéma et la littérature, les arts suédois se sont affirmés dans l’arène internationale vers la fin du XXe et dans les premières années du XXIe siècle. Il est frappant de constater que parmi les artistes suédois contemporains remarqués à l’étranger, beaucoup soient des femmes, en particulier dans le domaine de la photo et de l’art vidéo. Quelques noms à retenir : Annika von Hausswolff, Annika Eriksson Rixon, Ann-Sofie Sidén et Maria Misenberger.
Design
On peut avoir l’impression que la Suède est passée d’un seul coup au rang de troisième grande puissance de la création de produits et de la décoration intérieure, après l’Italie et la Grande-Bretagne. C’est une impression aussi trompeuse qu’anti-historique. En réalité, la Suède a une longue et fière tradition dans l’artisanat d’art et son incarnation moderne, l’esthétique industrielle.
Depuis 1925, avec l’apparition du concept de “Swedish Grace” aux Expositions universelles de Paris et de New York, et jusque vers le milieu des années 1960, la Suède a été en pointe dans le monde pour le design comme pour l’architecture. Le reflux d’une vingtaine d’années enregistré entre 1965 et 1985 n’a donc été qu’une parenthèse. Dans les dernières années 1980, des créateurs comme Thomas Sandell, Pia Wallén, Mats Theselius et Jonas Bohlin, ainsi que quelques petits producteurs d’avant-garde, ont trouvé une audience à l’étranger et n’ont pas tardé à redonner à la Suède une place de premier plan dans les médias internationaux du design et des styles de vie. Cette nouvelle génération du design présente les mêmes traits distinctifs que les tendances connues dans la première moitié du XXe siècle sous l’appellation de “Swedish Grace” et “Swedish Modern” : simplicité, fonctionnalité, teintes claires, respect des matériaux naturels, et une élégance inimitable dans sa sobriété pimentée d’humour et d’ingéniosité. Ces derniers temps, la capitale suédoise, en particulier, est devenue un haut lieu du design international qui sur bien des points ne le cède en rien à des métropoles comme Londres et Milan.
Stockholm Furniture Fair, le Salon de l’ameublement de Stockholm, qui se tient annuellement en février, est aujourd’hui au troisième rang des manifestations internationales de design en Europe. Après un temps d’hésitation, l’industrie traditionnelle du meuble et de l’artisanat d’art, concentrée dans le sud de la Suède et la province du Småland, a suivi le courant et commence à montrer ses griffes à l’international. La plus grande et la plus puissante de ces entreprises basées dans le Småland est dans une classe à part : c’est bien sûr Ikea.
Musique
La Suède est le troisième exportateur mondial de musique, derrière les États-Unis et la Grande-Bretagne. Une usine musicale, dit-on parfois, inondant constamment le marché de nouveaux produits dans les genres les plus divers, des tubes pop au Death Metal. Les succès suédois sont particulièrement frappants dans le pop sous ses formes les plus commerciales, où les interprètes, mais peut-être plus encore les auteurs et les producteurs, se sont fait une renommée mondiale.
Il est frappant de trouver si souvent, derrière des vedettes internationales comme Whitney Houston, Mariah Carey et les Backstreet Boys, des équipes créatives suédoises. Comme dans beaucoup d’autres secteurs de la culture, il est difficile dans notre univers globalisé de définir exactement ce qu’il y a de typiquement suédois dans cette musique. De fait, elle est plutôt le produit de créateurs doués d’un talent exceptionnel pour capter les influences internationales et en faire avec panache une musique percutante bien à eux. On dit parfois que les interprètes et auteurs de chansons suédois ont un sens tout particulier de la mélodie, peut-être hérité de leurs mélancoliques ballades traditionnelles sur le mode mineur.
Autre donnée qui peut expliquer cette explosion musicale, les écoles communales de musique qui, depuis les années 1960, permettent aux enfants de toutes les classes sociales de s’initier dès le plus jeune âge à la musique. Il y a sans doute du vrai dans les deux hypothèses. Une chose est sûre, c’est que le groupe pop ABBA, sans cesse présent aux hit-parades des années 1970 et des premières années 1980, a été à la musique suédoise ce que la star du tennis Björn Borg a été au sport. ABBA a ouvert les portes du monde à l’industrie musicale suédoise et à d’autres artistes suédois. Il est tout aussi évident qu’en Suède, la musique a de profondes racines populaires. C’est vrai du pop comme de tous les genres musicaux, du folk à l’opéra en passant par le jazz. On note par exemple que la Suède a de loin le plus grand nombre de chorales d’amateurs par habitant dans le monde.
Artisanat
Par l’expression, les coloris, les formes et le choix des matériaux, l’artisanat d’art traditionnel porte l’empreinte de nos origines paysannes nordiques. En même temps, il présente les traits qui ont fait du design suédois une référence dans le monde : simplicité, pureté des lignes, vigueur, harmonie, hommage à la nature.
Géographiquement, la Suède est un pays vaste et divers. L’artisanat revêt des formes très diverses en passant des montagnes de Laponie, où règnent les produits traditionnels des Sames, vers le sud, jusqu’aux fertiles plaines de Scanie, province bien connue pour ses textiles robustes et hauts en couleurs. Chaque région a ses produits typiques : objets en bois et en écorce de bouleau, fer forgé, vannerie, céramique, cuirs et textiles. L’artisanat traditionnel a une histoire particulièrement riche et vivante en Dalécarlie, connue pour le style original de ses peintures florales inspirées du calebassier.
Pour trouver réuni en un même lieu un éventail représentatif des arts traditionnels suédois de diverses époques et régions, rien ne vaut une visite au fameux musée en plein air de Skansen, à Stockholm. L’artisanat d’art traditionnel connaît en ce moment une sorte de renaissance chez les jeunes générations. Une poignée de créateurs de mode et de décorateurs – dont Thomas Sandell, Pia Wallén, Anna Holtblad et Nygårds Anna Bengtsson – ont contribué à ce regain d’intérêt en s’inspirant de la tradition artisanale suédoise dans leurs créations.
Religion
Les Suédois ont toujours tendance à comparer leurs conditions de vie à celles des autres pays, comme s’il s’agissait d’une sorte de compétition. Dans ce palmarès, la Suède serait certainement classée parmi les pays les moins religieux et les plus sécularisés. Comme pour tant d’autres phénomènes sociaux, cette mutation est allée très vite en Suède – moins d’un siècle.
Jusque vers la fin du XIXe siècle, les Suédois étaient un peuple très croyant, dans sa quasi-totalité de confession luthérienne. Il serait sans doute excessif, mais à peine, d’aller jusqu’à dire que l’Église de Suède a perdu dans la société moderne sa signification religieuse pour la plupart des gens et, comme la monarchie, a été reléguée au rang d’une tradition purement cérémonielle de notre culture. Depuis sa rupture avec l’Église catholique romaine au XVIe siècle, la Suède est restée un pays largement protestant. Pendant plus de quatre siècles, l’Eglise évangélique luthérienne – l’Église de Suède – a été l’Église d’État officielle. Elle a perdu ce statut en 2000 lorsque la séparation de l’Église et de l’État, après des décennies de débat, est entrée dans les faits. Plus de 80 pour cent de la population continuent d’appartenir à l’Église de Suède. Les autres sont membres des grandes “Églises libres” protestantes ou encore – surtout les immigrés – de l’Église catholique romaine, d’Églises orthodoxes orientales ou de confessions non chrétiennes comme l’islam, le judaïsme, le bouddhisme et l’hindouisme.
D’aucuns pensent discerner actuellement une sorte de renouveau religieux, une nouvelle spiritualité parmi les jeunes générations. Quoi qu’il en soit, pour la plupart des Suédois, l’Église est une institution avec laquelle ils entrent pour l’essentiel en contact à l’occasion de cérémonies telles que les baptêmes, les confirmations (encore assez fréquentes), les mariages et les enterrements. La grande et authentique renaissance religieuse en Suède est le fait de ses immigrés. Avec des centaines de milliers de “nouveaux Suédois” issus de religions et de cultures diverses, la Suède, loin d’être un pays massivement luthérien, est devenue au plan religieux aussi une nation multiculturelle.
Autochtones
Les historiens ont eu des opinions partagées au fil du temps, mais aujourd’hui la plupart s’accordent à penser que les Sames sont en droit de prétendre au titre de premiers Scandinaves. Les Sames sont l’un des plus petits peuples autochtones du globe. Au total, la population same est estimée à 50-60 000 personnes, dont quelque 15 000 vivent en Suède. Les Sames appellent leur pays Sápmi – c’est un vaste territoire comprenant toutes les terres au nord du cercle Arctique en Norvège, en Suède, en Finlande, ainsi que la péninsule de Kola en Russie. Ils considèrent le Sápmi (Laponie) comme une nation distincte, ce que les pays dans lesquels ils vivent ont en partie reconnu.
Le principal moyen d’existence traditionnel des Sames est l’élevage du renne, une activité protégée par une série de lois et règlements en Suède. Leurs troupeaux se déplacent sur de grandes étendues de terres, transhumant entre les pâturages d’été des montagnes de Laponie et les pâturages d’hiver dans les forêts de plaine. Les pâturages des rennes ne représentent pas moins de 35 pour cent de la superficie totale de la Suède. Autrefois, les Sames conduisaient les troupeaux à pied ou à skis, simplement assistés de leurs chiens. Désormais, des équipements modernes tels que motoneige, moto et hélicoptère sont de rigueur. L’élevage du renne est aussi considéré comme l’un des trois piliers de la culture same, les deux autres étant la langue et l’artisanat d’art. En Laponie suédoise, un ensemble de quatre parcs nationaux et deux réserves naturelles sont protégés pour leurs valeurs naturelles et culturelles exceptionnelles. Ils sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO sous le nom collectif de Laponia (Sápmi).
Langage
La langue suédoise fait partie de la branche scandinave des langues germaniques, avec le norvégien, le danois et l’islandais (pour la langue parlée comme pour la langue écrite, les habitants de ces pays se comprennent tous plus ou moins entre eux). Le suédois est la langue officielle de la Suède et de la minorité de langue suédoise en Finlande, environ 300 000 personnes. Ce n’est donc pas une langue avec laquelle on se tire facilement d’affaire à l’étranger, ce qui explique en grande partie pourquoi les Suédois sont si nombreux à parler l’anglais, et même à maîtriser une troisième langue.
Le suédois n’a pas apporté de contributions majeures au lexique international. Pourtant, quelques termes d’origine suédoise ont acquis droit de cité en anglais, en allemand, en français et même dans quelques langues plus lointaines.Quelques exemples :
– Tungstène. Élément métallique, du suédois tung sten (pierre lourde).
– Sloyd. Forme internationalisée du suédois slöjd, l’artisanat traditionnel du bois.
– Smorgasbord. Le fameux buffet suédois, adaptation de smörgåsbord.
– Kraft. Papier d’emballage brun.
– Lingonberry. Airelle rouge, une baie qui ressemble à la canneberge, lingon en suédois.
– Tapis Rya. Tapis tissé selon des techniques traditionnelles et des matériaux provenant du village de Rya, dans le sud de la Suède.
– Moped. Cyclomoteur ou scooter.
– Ombudsman. Haut fonctionnaire nommé sur une base politique, chargé de contrôler l’action des services publics et de veiller aux droits de certains groupes de la population ou catégories de personnes.
– Gravlax. Saumon frais cru, mariné selon une recette traditionnelle suédoise. Lax veut dire saumon en suédois.
– Skôl! À votre santé ! Skål signifie coupe en suédois.
Société
Pour les Suédois, la voie moyenne est la voie dorée, une formule qui en dit beaucoup sur une nation qui a toujours mis à l’honneur le compromis, les solutions négociées, la concorde et l’art de choisir, entre deux options insatisfaisantes, la moins mauvaise. Étant donné son aversion congénitale pour l’outrance et la confrontation, il n’est peut-être pas si surprenant que la Suède ait réussi à rester dans le juste milieu alors que l’Europe du XXe siècle se scindait en deux blocs, capitaliste et communiste.
Dans la propagande américaine en particulier, la Suède des années 1950 à 1970 a souvent été montrée du doigt comme une nation semi-communiste contrôlant étroitement la liberté de ses citoyens. C’est là un mythe et une image fondamentalement fausse. La Suède est un pays pleinement démocratique et une solide économie de marché. Mais il est vrai que, plus peut-être qu’aucun autre pays occidental, elle a intégré une dimension de socialisme dans sa politique de redistribution, sous la conduite d’un Parti social-démocrate qui, à quelques rares intermèdes près, est resté au pouvoir depuis les années 1930. La prospérité bâtie au XXe siècle a été répartie parmi la population au moyen d’importants dispositifs financés par l’impôt : système éducatif, services de santé, prise en charge des enfants et des personnes âgées, assurance parentale, retraites et diverses allocations générales.
C’est ce qui a abouti à une société où les écarts économiques entre classes sociales sont plus réduits que dans les pays comparables. À l’étranger, cet État-providence classique est décrit en des termes tels que la “voie moyenne”, la “troisième voie” ou le “modèle suédois” (cette dernière formule se référait initialement au principe des négociations centralisées entre le patronat et les puissants syndicats suédois, qui a garanti pendant des décennies la stabilité si cruciale du marché du travail à mesure que se développait l’État de bien-être). Mais depuis les années 1970, le système social suédois a été mis à rude épreuve, surtout au plan économique. Certains affirment que le “modèle suédois” n’est déjà plus qu’un souvenir et que la Suède est devenu une économie de marché occidentale comme les autres. D’autres sont persuadés qu’elle peut et doit préserver sa spécificité, même dans un monde moderne globalisé. Avant la première guerre mondiale, le système social suédois s’est constitué en grande partie sur le modèle allemand. Le mouvement ouvrier et d’autres “mouvements populaires” (ligues de tempérance, féminisme) ont acquis très tôt une grande influence. Dans les années 1930, la Suède a entrepris la construction de ce que le Premier ministre de l’époque, Per Albin Hansson, appelait “le foyer du peuple”. L’ambition était de sortir une fois pour toutes le pays de la pauvreté et d’édifier une société où tous les citoyens, quels que soient leur sexe, leur classe ou leur origine sociale, soient assurés d’une sécurité matérielle de base. Le “foyer du peuple” ne devait pas être tributaire de la charité ; il serait financé par un régime fiscal faisant porter aux riches la charge économique la plus lourde, selon le principe “de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins”. En plus des réformes économiques, ce programme ambitieux incluait entre autres un programme de construction destiné à garantir à tous un logement de qualité, bien éclairé, avec chauffage central, ventilation, cuisine, sanitaires…
Un des labels de cette structure de bien-être social était la “troisième voie”, une voie étroite, encore jamais pratiquée, entre le capitalisme et le socialisme. Depuis le début des années 1930, les sociaux-démocrates ont été au pouvoir presque sans interruption pendant plus de quarante ans, en comptant le gouvernement d’union nationale formé avec les autres partis non communistes pendant la seconde guerre mondiale. C’est pour l’essentiel dans les années 1950 et 60, période de croissance économique sans précédent pour la Suède, qu’a été mis en place un système de protection sociale financé par l’impôt, d’une ampleur sans précédent dans le monde. Il était issu d’une longue série de réformes, dont beaucoup ont inspiré d’autres pays par la suite. La “prise en charge du berceau à la tombe” est une autre formule utilisée à l’étranger, parfois un peu ironiquement, à propos de la Suède. Il y a beaucoup de vrai dans cette image. Le trait marquant du système suédois est que le secteur public assure une grande partie de la sécurité matérielle des citoyens, dont la responsabilité incombait traditionnellement à la famille. Tout commence dès le plus jeune âge, avec les centres de protection maternelle, puis les crèches et l’éducation préscolaire.
Depuis quelques années, les crèches privées et coopératives gérées par les familles sont autorisées, mais l’État garde la main sur le financement, par le biais de redevances dont le barème est établi, du moins jusqu’à un certain niveau, en fonction des revenus des parents. L’enseignement est gratuit – autrement dit financé par l’impôt – y compris à l’université et aux écoles supérieures, et de généreux prêts d’études sont alloués pour permettre aux jeunes de toutes les classes sociales de faire des études. Le régime d’assurance maladie assure à tous des soins de santé pratiquement gratuits ainsi que des médicaments et soins dentaires à prix subventionnés.
La prise en charge des personnes âgées, elle aussi, est presque entièrement financée par le secteur public. Les retraités ont droit à une pension nationale de base et à une pension complémentaire basée sur les revenus. D’autres régimes publics couvrent les allocations de logement, les prestations de chômage, les allocations familiales, l’assurance parentale et l’aide sociale. Le but du filet de sécurité sociale suédois est de faire en sorte que chaque Suédois puisse en toutes circonstances et quelles que soient ses capacités compter sur le secteur public pour couvrir au moins ses besoins les plus élémentaires.Ces dernières années, ce vaste système de protection sociale a été soumis à de fortes contraintes budgétaires, d’où des problèmes tels que listes d’attentes pour certains soins médicaux, manque de personnel, déficits des régimes de retraites... Les partis de droite font valoir la nécessité d’un “changement de paradigme”, mais la majorité des électeurs suédois ont clairement donné leur préférence à des candidats attachés à préserver le principe d’une sécurité de base financée par le secteur public même à une époque où les réalités économiques se font sentir plus durement.
- Egalité des sexes -
La Suède n’a pas été parmi les premiers pays à donner le droit de vote aux femmes. Mais depuis qu’elle l’a fait, en 1921, les efforts accomplis pour instaurer l’égalité entre les sexes ont sans doute été, dans bien des domaines, plus fructueux que partout ailleurs. Un des principes fondamentaux de l’action suédoise pour l’égalité des chances est que toute personne d’âge actif, quel que soit son sexe, doit pouvoir vivre de son travail et ne pas dépendre d’autrui pour sa subsistance. Ambition peut-être plus importante encore, femmes et hommes doivent dans toute la mesure du possible se partager le soin d’élever leurs enfants. Le régime d’assurance parentale suédois est le plus généreux du monde et permet aux parents de rester au foyer avec leurs enfants en bénéficiant d’un congé rémunéré pouvant aller jusqu’à 16 mois. La Suède a été aussi le premier pays au monde à réserver obligatoirement deux mois de ces congés au père. D’une manière générale, le souci d’améliorer la position de la femme dans la société a été une grande force d’impulsion pour le développement de l’État de bien-être suédois. Ainsi, le secteur public a pris à sa charge une grande partie des responsabilités qui incombaient traditionnellement à la femme, en particulier les soins aux enfants et aux personnes âgées. Cette politique a porté ses fruits, entre autres en donnant à la Suède le taux d’activité féminine le plus élevé du monde – 74 pour cent, alors que celui des hommes est de 79 pour cent. Mais ces statistiques sont quelque peu biaisées du fait que les femmes actives travaillent plus souvent que les hommes à temps partiel.
Il existe aujourd’hui tout un dispositif législatif et réglementaire destiné à garantir l’égalité des droits et l’égalité des salaires pour un même travail, à interdire la discrimination et le harcèlement sexuel entre autres. Beaucoup de ces lois portent sur les conditions du marché du travail et un ombudsman à l’égalité des chances est chargé de veiller à leur respect. Bien entendu, les efforts pour promouvoir l’égalité s’étendent aussi à d’autres catégories de la population. La Suède a une législation et une pratique très ambitieuses pour éliminer la discrimination et les inégalités de traitement fondées sur l’origine ethnique, les handicaps physiques et mentaux ou l’orientation sexuelle. D’autres lois garantissent les droits de l’enfant, dans la société mais aussi par rapport à leurs parents. Ainsi, dans les années 1970, la Suède a soulevé une controverse internationale en étant le premier pays à interdire aux parents le recours aux châtiments corporels.
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