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Histoire de la Grèce
Pour le monde entier, et en particulier pour le monde occidental, la Grèce des temps antiques peut être saluée comme le berceau de notre modernité. Nous leur devons la philosophie, le théâtre et ses tragédies, la démocratie, les jeux olympiques et bien d'autres choses tels que tout simplement les racines de nombre de mots de notre vocabulaire.
De l'âge de pierre à Alexandre le Grand Les premières traces de communautés rurales dans cette région remontent seulement à environ 6000 ans avant notre ère et se situaient en Thessalie et en Macédoine.
Puis, vint l'âge de bronze qui, entre 3000 et 1100 ans av. J.C. enfanta successivement trois civilisations remarquables : la Cycladique (dans les îles des Cyclades) , puis la Minoenne (en Crète) qui sont appelées pré-helléniques ; enfin la Mycénienne (du nom de son centre le plus célèbre, Mycènes dans le Péloponnèse). Son origine serait le mixage des Achéens , d'origine indo-européenne avec les civilisations des îles .
Vers 1150 av. J.C. survint l'invasion des Doriens , peuplades belliqueuses venues par le Nord de la péninsule, de même origine que les Achéens, mais qui étaient loin de posséder la grandeur des cultures précédentes. C'est à cette époque que des populations autochtones ont cherché refuge dans des régions moins accessibles telle l'Arcadie (Péloponnèse) ou en Asie mineure ( cas des Eoliens et des Ioniens ).
Ainsi débuta une période dite « obscure » de plus de 400 ans (entre 1150 et 700 ans av. J.C.).Cette période, moins connue, finit par laisser la place à de nouvelles lumières dans les domaines de la société et des arts. Lumières exceptionnelles au cours desquelles se développèrent l'art archaïque (700 – 500 av.J.C.), et surtout l'art classique (500 – 300 av. J.C.).
C'est alors qu'émergèrent les cités-Etats, indépendantes les unes des autres, et en perpétuel conflit. Les deux principales furent Athènes et Sparte. La première était d'une culture raffinée alors que Sparte, plus apparentée aux anciens envahisseurs doriens, avait bâti une société guerrière très stricte.
C'est aussi au cours de cette période que les Grecs vont développer des colonies tout autour de la méditerranée .
Malgré leur opposition, les cités-Etats savaient s'unifier pour combattre les invasions des Perses qui furent ainsi repoussées en 490 av. J.C. à Marathon , en 480 à Salamine et en 479 à Platea. C'est à la suite de ces victoires que Athènes pris l'ascendant sur Sparte et débuta son âge d'or appelé aussi « siècle de Périclès ».
Périclès favorisa le développement des arts tels que le théâtre ou l'architecture. C'est lui qui fit construire durant son mandat (461 – 429 av. J.C.) le Parthénon devenu le symbole d'Athènes. Il fut surtout à l'origine d'une nouvelle conception politique : la démocratie. Sa stature d'homme d'Etat sage et intègre était largement reconnue, même par ses adversaires. Orateur clair et convainquant, il ne s'aventura jamais dans des conflits sans s'assurer qu'ils étaient pour le bien de la citée.
A cette époque vécurent les plus brillants architectes , sculpteurs, philosophes, écrivains de théâtre , scientifiques . Période d'une richesse culturelle prodigieuse, sans équivalent en Europe, qui marqua indiscutablement l'orientation et la conduite de notre Histoire moderne ainsi que notre pensée, tout au moins en ce qui concerne le monde occidental et l'Asie mineure.
Toutefois, la rivalité entre Sparte et Athènes continuait, et durant la guerre du Péloponnèse (431- 404 av.J.C.), Sparte pris un temps le dessus et occupa Athènes pour être plus tard repoussé.
L'origine d'un rassemblement des cités-Etats Grecques ne fut pas en définitive les invasions des peuplades d'Asie mais vint de l'émergence d'une nouvelle puissance Hellène, du nord de la Grèce d'aujourd'hui : la Macédoine.
Le premier grand monarque de Macédoine fut Philippe II qui entrepris la conquête du Sud de la Grèce. En l'an 338 av. J.C., il finit par triompher des armées d'Athènes et de Thèbes (autre puissante cité-Etat de la Béotie ), mais fut assassiné peu après.
C'est ainsi que son fils Alexandre, qui n'avait alors que vingt ans, pris le flambeau de son père.
Déjà guerrier confirmé, et de plus, fort cultivé (élève d'Aristote), il s'imposa par la force de la Macédoine jusqu'à l'Attique (il fit notamment raser Thèbes qui s'était soulevé). Grâce à son charisme, son intelligence et son charme, il fut ainsi le premier à unifier les forces Hellènes (à l'exception de Sparte et de la Crête ).
Alexandre su aussi galvaniser ses troupes dans son projet fort ambitieux qui était la conquête de tout le monde connu d'alors. Mais son ambition ne se limitait pas à une simple domination militaire, il se préoccupa de propager la culture grecque en pactisant avec les peuples vaincus, favorisant des mariages mixtes, et créant de toutes pièces des villes nouvelles portant son nom tout au long de ses campagnes.
L'épopée d'Alexandre le Grand fut exemplaire.
Après avoir repoussé les Perses d'Asie mineure, il soumet la Syrie en 332, puis l'Egypte où il crée le port d'Alexandrie et où il est proclamé par les grands prêtres l'égal des Pharaons (fils de Dieu). Puis, perçant vers l'Est, il s'empare de la Mésopotamie, prend Babylone puis détruit Persépolis en 33O av. J.C. Il atteindra les rives de l'Indus. Sur son retour, projetant de nouvelles campagnes en Méditerranée occidentale, il meurt subitement de fièvres en 323 av. J.C. à 33 ans à Babylone.
Après sa mort, son empire sera partagé entre trois grandes monarchies qui s'effondrerons tour à tour face à l'empire Romain : la Macédoine sous les Antigonides de 279 à 168, l'Asie mineure sous les Séleucides de 304 à 64, et l'Egypte sous les Ptolémées de 304 à 30 av. J.C.
Durant ces périodes, la culture hellénique des anciens Grecs se mélangea avec les diverses cultures locales dispersées dans cet immense empire, pour créer une nouvelle tradition cosmopolite. C'est la période dite Hellénistique .
Ainsi l'ambitieux projet d'Alexandre se trouvait en partie réalisé.
De la domination romaine à la fin de la domination ottomane.
Pendant qu'Alexandre le Grand étendait son empire à l'Est, les Romains se renforçaient vers l'Ouest de l'Europe. Arriva le temps où Rome se tourna vers une expansion vers l'Est. Elle prit le contrôle de l'actuelle Grèce en deux temps : en 168 av. J.C. fut la défaite décisive des troupes macédoniennes à Pydna , puis en 146 av. J.C. fut celle de la ligue des cités-Etats qui seront alors mis sous la coupe de l'administration de Rome. La prise d'Alexandrie, en Egypte, en l'an 30 av. J.C. par Octave contre Marc Antoine et Cléopâtre (qui se suicideront ), marque la fin d'une époque.
Contrairement à toute logique guerrière, cette nouvelle situation ne devait pas beaucoup nuire aux Hellènes (ils furent pour la première fois dénommés « Grecs » par les Romains, du nom d'une tribu primitive de l'ouest de la Grèce : les Graikos).
Pendant les 300 années qui suivirent, la Grèce, en tant que province romaine, connue enfin une paix durable (Pax Romana). Ce fut le temps au cours duquel le christianisme devint prépondérant et où certains césars éclairés et philhellènes, tel Hadrien , ravivèrent la culture grecque, et Athènes retrouva sa place de capitale des arts et de l'architecture. Les Romains appréciaient d'envoyer leur progénitures étudier dans les écoles d'Athènes.
Ainsi se créa une harmonie entre l'administration et les lois romaines d'une part, et la culture grecque d'autre part, et tout cela sur fond de christianisme. C'est de ce savant mélange que naîtra un empire qui durera plus de 1000 ans : l'Empire Byzantin .
A partir de 250 après J.C., commencèrent les attaques barbares par le Nord de la Grèce. Devant l'affaiblissement de l'Empire Romain, trop étendu, il fut décidé de le séparer en deux parties : l'Empire d'Occident gardant pour capitale Rome, et l'Empire d'Orient prenant pour capitale Byzance.
En ce temps là, le christianisme s'était solidement installé sur tout l'Empire (plusieurs visites de St Paul en Grèce ), et c'est ainsi que l'Empereur lui-même consentait à se convertir. Ce fut le cas de l'Empereur Constantin qui pris la direction de l'Empire d'Orient. Il décida de reconstruire sa capitale sur l'ancienne cité grecque de Byzance qu'il fit appeler Constantinople (aujourd'hui Istanbul), en 330 après J.C.
Ce fut, indéniablement, une nouvelle période de grande créativité plutôt orienté vers l'art religieux. Ainsi, nombreuses églises ou monastères d'une rare richesse et beauté furent érigés, décorés de merveilleuses icônes.
Ce nouveau ciment que fut le mélange de ces trois ingrédients : le droit et l'administration de Rome, la langue et la culture Grecque , la foi et les mœurs Chrétiens, mélange auquel s'ajouta une touche d'influences orientales, résista au cours de nombreux siècles aux pressions de l'extérieur.
Malgré l'harmonie apparente des premières décennies, ce ciment cachait mal certaines contradictions, et c'est ainsi que, progressivement, se développa à Constantinople un sentiment anti-grec, c'est à dire opposé au paganisme des anciens. Les philosophes du temps de Périclès furent lentement rejetés, et en 529 l'Empereur Justinien interdit même leur enseignement. On peut mieux comprendre alors que, lorsque les tribus Bulgares en 500, puis Slaves en 600, envahirent la Grèce par le Nord, ce fut dans l'indifférence de Constantinople. Bien au contraire, l'Empire Byzantin s'attachera à christianiser les peuples slaves : le Khan Boris de Bulgarie se fait baptiser en 865 et la Bulgarie devient province byzantine en 971 .
L'ancienne culture grecque tombe provisoirement dans l'oubli. L'Empire d'Occident s'était depuis longtemps effondré sous l'invasion des Goths (en 476), lorsque bien plus tard, en 1204, Constantinople, qui avait résisté si bien aux infidèles et aux barbares du, une première fois, capituler. Ironie de l'Histoire, ce sera sous les coups de leurs frères chrétiens venus de l'ouest (essentiellement des Francs). Ce fut en effet sous l'impulsion du Pape Innocent III que sera organisée la 4ème croisade , avec l'aide de Venise qui pour des raisons d'intérêts, détourna de Jérusalem les Croisés pour s'emparer et pour piller sauvagement Constantinople.
Ainsi se constitua l'Empire Latin .
Les Vénitiens tireront profit de la situation pour s'installer en Crête et dans les îles ioniennes et pour contrôler la plupart des ports grecs d'où se développa un commerce florissant.
La haine et la sauvagerie des Latins (Francs et Vénitiens), vis à vis des Grecs, contrastaient avec l'attitude plus tolérante qu'avaient observé les Romains, après leurs conquêtes, plusieurs siècles auparavant. Toutefois, sous l'impulsion de Michel Paléologue, l'Empire Byzantin, dans un ultime sursaut, renaîtra de ses cendres et mettra fin à l'Empire Latin en 1261, en chassant les Francs. Les Vénitiens conserveront leurs positions dans les îles.
Le nouvel empereur Michel VIII Paléologue repris Constantinople mais décida de s'installer dans le Péloponnèse à Mistra. C'est là que convergèrent bientôt de nombreux artistes, intellectuels ou philosophes pour permettre à la culture byzantine de jeter ses derniers feux. Ainsi de nombreuses églises et fortifications furent érigées au cours de cette période dans le Péloponnèse ( site de Monemvasía ).
L'invasion venue de l'Est et la nouvelle prise de Constantinople en 1453 , par les Turcs Ottomans cette fois, marque la fin de l'Empire Byzantin. Toutefois, les Vénitiens conservèrent les îles Ioniennes , Rhodes et la Crête sous leur contrôle.
Beaucoup de choses ont été dites, à juste titre, sur les atrocités perpétrées par les Turcs au cours de leur occupation des territoires de l'ancienne Byzance. Cependant, dans la réalité, pendant cette époque, les Grecs connurent des fortunes diverses. Traditionnellement, les musulmans toléraient les autres religions (ici particulièrement l'Orthodoxe et la Juive). L'important était que chaque grande ville (gérée par un Pacha), ou chaque village (géré par un Aga), apporte son tribu au Sultan de Constantinople. Pour le reste, il y avait place à des « arrangements » entre occupants et occupés pour avoir un vie décente. C'est ainsi que l'église Orthodoxe, en particulier au Mont Athos , aux Météores et à Patmos, participèrent largement à perpétuer la langue et la culture grecques en ces temps difficiles.
Un des aspects les plus pénible de cette occupation fut certainement l'enrôlement de force des enfants mâles Grecs (un sur cinq), pour être endoctriné puis mis au service de la garde du Sultan lui-même. Ce furent les janissaires .
L'Empire Ottoman atteint son apogée sous Soliman le Magnifique qui repris Rhodes aux Vénitiens en 1522, et c'est seulement à la fin du 18ème siècle que commencèrent les premiers signes importants de rébellion en Grèce. C'est donc ainsi, surtout du point de vue culturel, que la domination ottomane va couvrir la Grèce d'une chape de plomb pendant près de 400 ans. Nouvelle ironie de l'Histoire, au cours de cette même période, avec la Renaissance et le siècle des Lumières, l'Occident va redécouvrir la culture de l'Ancienne Grèce et va l'honorer et la cultiver au grand jour, sous d'autres formes d'une exceptionnelle richesse. L'influence de Byzance va également se faire sentir, mais cette fois sous l'égide de l'Eglise Catholique de Rome, pour créer d'immortels chef-d'œuvres dans les églises. Cependant, il est souvent admis, que ces phénomènes furent en grande partie nourris par les intellectuels byzantins qui avaient émigré vers l'occident lors de l'effondrement de Byzance, et qui alimentèrent les milieu culturels occidentaux.
C'est vers 1770, sous l'impulsion de la Russie (autrefois convertie à l'orthodoxie par les missionnaires de l'Empire Byzantin), et particulièrement de la Tsarine, la Grande Catherine, que se fomentèrent les premières révoltes dans le Péloponnèse et en Epire .
Elles furent sauvagement réprimées. Toutefois, en ce début du 19ème siècle, petit à petit, se nourrissant de l'héritage culturel dont ils se sentaient redevables, se développa un sentiment pro-grec chez les intellectuels occidentaux de tout bord.
C'est ainsi que Goethe, Schiller, Chateaubriand, Hugo, Musset mais surtout Lord Byron, dont la mort à Messolongi fit grand bruit, invitèrent les puissances occidentales à intervenir pour libérer la Grèce.
La révolte grecque , bien que divisée, pris de l'ampleur et connu ses héros . L'aide officielle de la Grande Bretagne, de la France et de la Russie, finit par arriver. Les Turcs, soutenus par leurs alliés Egyptiens, furent définitivement vaincus en 1827 durant la bataille navale de Navarin (aujourd'hui Pylos). Devant l'avancée de l'armée russe, sur terre, qui atteignit les portes de Constantinople, l'Empire Ottoman capitula un peu plus tard et accorda l'indépendance à la Grèce par le traité de Londres en1830.
Le jeune Etat grec se trouvait ainsi sous la protection des Britanniques, Français et Russes.
De l'organisation de l'indépendance à la Grèce d'aujourd'hui.
Moins de 200 ans nous séparent donc de la fraîche indépendance grecque à la Grèce moderne. La foule d'informations à notre disposition sur cette période est sans commune mesure avec celle recueillie sur les 7000 ans des siècles passés. Et pourtant, force est de constater, que les nombreux événements et hommes d'Etat qui marqueront la Grèce Moderne n'ont pas eu, et de loin, l'impact, la stature ou l'aura d'un Périclès ou d'un Alexandre. La grandeur des actions et la formidable créativité des Hellènes, qui s'exprimèrent durant les cycles de développements (depuis la civilisation cycladique à Alexandre le Grand), ou pendant les cycles de mélange de civilisations sous l'administration ou sous le joug d'occupants plus ou moins intégrés ou tolérants (Romains, Vénitiens, Ottomans), ne trouvèrent au cours de ces dernières décennies, ni les personnalités, ni le souffle nécessaire aux actions éclatantes (exceptions faites des actions héroïques des libérateurs des années 1770 à1830 et de la résistance des Grecs en 1941-1944 , d'une vaillance exceptionnelle, face aux forces nazi et à leurs alliés).
Il reste toutefois une constante, qui date du temps des cités-Etats. Elle est cette propension aux luttes intestines qui continuèrent à miner la politique du pays.
Après 1830, en réaction à la longue et pénible période d'occupation ottomane, se greffa une seconde constante qui fut la désignation du Turc comme ennemi héréditaire. A cela était associée la « grande Idée », qui consistait à vouloir reconquérir une part des territoires de Byzance, c'est à dire Constantinople et une partie de l'Asie mineure. Rêve impossible, dans les nouvelles réalités de la fin du 19ème siècle, mais aussi en raison de maladresses politiques face à un adversaire qui, au contraire, eu le privilège de connaître un authentique Homme d'Etat en la personne de Mustapha Kemal (dit Atatürk), qui transforma les structures de la Turquie en y imposant la laïcité (cas unique dans un pays musulman à cette époque).
Ainsi, dès 1831, les conflits internes en Grèce continuent et dégénèrent en véritable guerre civile. Les puissances occidentales imposent alors une monarchie. Elle fut d'abord d'origine Bavaroise mais, mal acceptée et plus tard rejetée. En 1862, un nouveau Roi, Georges I , d'origine Danoise cette fois, fut placé sur le trône.
Beaucoup mieux toléré, sous son règne le territoire grec va s'étendre. En 1878 la Thessalie et une partie de l'Epire sont réintégrées.
Puis viennent les guerres Balkaniques (1912-1913), qui furent le théâtre d'alliances croisées entre pays des Balkans (Bulgarie et Serbie) et Grèce pour la reconquête de la Macédoine. Les Turcs finirent par être repoussés et la Grèce se vit récupérer le Sud de la Macédoine, une part de la Thrace et de l'Epire, les îles du Nord de la mer Egée, et enfin établir l'union avec la Crête (traité de Bucarest de 1913). Peu après, le roi Georges I était assassiné par un désaxé, et remplacé par son fils Constantin.
La première guerre mondiale éclate alors. La Grèce reste d'abord neutre (le nouveau roi Constantin ayant épousé la fille de Guillaume II, Empereur d'Allemagne). Venizélos, alors premier ministre, fit scission en constituant un gouvernement d'opposition au Roi, pour placer le pays du coté des Britanniques et des Français. Le Roi fut contraint d'abdiquer au profit de son fils Alexandre. Pour cette action, Venizélos est toujours considéré, par la plupart des grecs, comme le sauveur de la nation. Grâce à son initiative, au sortir de la guerre, la Grèce se vit octroyer le reste de la Thrace et des îles de la mer Egée.
C'est alors que Venizélos, crut devoir pousser son avantage et revivre la « Grande Idée » d'une Grèce contrôlant une part de l'Asie mineure. Les troupes grecques furent arrêtées en septembre 1921 par le futur « Atatürk », et la contre offensive turque de 1922 fut désastreuse pour les Grecs. En premier lieu pour ceux, fort nombreux, installés à Smyrne et au bord de la mer Noire depuis des centaines d'années, qui furent massacrés en masse, et qui constituaient la mémoire vivante de l'ancien Empire Byzantin.
Dans le traité de Lausanne en 1923 qui suivit ce drame, la Grèce reperdait la Thrace orientale et le contrôle de quelques îles. De plus, il lui était imposé un échange de population disproportionné. Ainsi de très nombreux grecs, dépouillés de tous leurs biens, rejoignirent la Grèce et d'autre pays du globe. On estime à 1,5 million, ceux qui durent s'installer en Grèce même. On peut imaginer, dans la période économique désastreuse que traversait le monde occidental de 1925-1930, les graves difficultés qu'ils rencontrèrent.
La Grèce rentra dans le conflit de la seconde guerre mondiale en octobre 1940, lorsque le premier ministre d'alors, Ioannis Metaxas qui dirigeait le pays tel un dictateur, aurait répondu par un abrupt, et resté célèbre, NON ! (OCHI !), à l'ultimatum de Mussolini (épisode toujours célébré aujourd'hui le 28 octobre). Après avoir repoussé l'offensive italienne, les Grecs durent s'incliner lorsque les forces du 3ème Reich envoyèrent des troupes en renfort. Ils payèrent cher leur résistance héroïque et la répression des nazis fut sans pitié pour les populations.
Parmi les différents organismes de la résistance grecque, se trouvaient de nombreux communistes qui projetaient de prendre le pouvoir au sortir de la guerre. En été 1944, le roi Georges II était toujours en exil en Egypte et les britanniques étaient favorables à son retour pour contrarier le dessein des communistes. Après les heurts violents de décembre 1944, entre communistes et royalistes soutenus par des troupes britanniques, s'enclencha les prémices d'une nouvelle guerre civile. En mars 1946 furent organisés, sous l'égide des britanniques, des élections. Boycottées par les communistes(E.A.M.), elle conduirent au retour du roi, mais aussi, dans le même temps, à l'organisation d'une armée d'opposition qui contrôla vite une grande partie du pays. Alors se prolongea jusqu'en 1949, une guerre fratricide, sans merci, qui fit plus de victimes dans la population que la deuxième guerre mondiale. Ce conflit fut alimenté par le début de la « guerre froide », l'E.A.M et ses troupes, approvisionnées par le bloc communiste et les conservateurs, par les USA, qui avaient pris dès 1947 la place des britanniques dans cette lutte d'influence.
Les années 50 furent marquées par le conflit de Chypre. Cette île, sous contrôle britannique depuis 1914 (devenue membre du Commonwealth en 1925), vivait des jours tumultueux entre la majorité grecque ( 4/5ème ), et la minorité turque. Après de difficiles négociations, il fut enfin décidé en 1959, de lui accorder son indépendance sous la présidence de l'archevêque Makarios. Cette solution ne devait pas dissoudre les rancœurs de part et d'autre.
Entre-temps la Grèce devait entrer dans l'OTAN en 1951, et en 1953 les USA devait y installer des bases militaires tout en encourageant largement un régime de droite dans le pays ( logique de position liée au prolongement de la guerre froide en Europe). Les forces politiques de tendance communiste ou gauchisante restaient cependant très présentes et actives dans le pays.
Dans les années 60, devait apparaître pourtant un homme du centre, Georges Papandréou. Avec son partie de l'Union du Centre, il entrepris des réformes courageuses, mais fut contraint à la démission en 1965, étant jugé trop modéré par la droite. Ce fut une courte exception durant ces années 50/60 qui furent surtout ponctuées par des séries de changements de chefs de gouvernement, sans réel impact, et qui ne firent qu'accentuer la confusion et les divisions dans le pays.
C'est ainsi qu'en avril 1967, au milieu du marasme politique, une junte militaire fascisante dirigée par un groupe de colonels, devait s'emparer du pouvoir et le conserver 7 ans durant. Ils dissoudront les partis politiques,mettront hors la loi le parti communiste et dirigeront le pays d'une poigne de fer en instaurant la loi martiale.
C'est le conflit de Chypre qui sera à l'origine de leur chute. Voulant prendre l'île sous leur contrôle militaire, ils vont provoquer une réaction brutale de la Turquie qui envahira la partie Nord de l'île. Cette déroute diplomatique et militaire aura une autre conséquence, plus désastreuse celle-là, ce sera le replis de 200 000 grecs chypriotes du Nord, chassés de leurs maisons, contraint de s'installer au Sud.
Le problème de Chypre est toujours d'actualité, malgré que de nombreuses résolutions de l'O.N.U. aient été votées et que les forces onusiennes restent sur place à la séparation des deux communautés.
En 1974 l'armée fait donc appel à Constantin Karamanlis, en exil à Paris, pour remettre de l'ordre et rétablir la Démocratie. Le pays va enfin connaître un peu de répit au cours duquel le tourisme va bénéficier d'une forte expansion. Le parti de la « Nouvelle Démocratie » qui sera au pouvoir aura le mérite d'avoir accélérer l'entrée de la Grèce dans l'Union Européenne, dès janvier 1981.
Au cours des élections d'octobre de cette même année, la Grèce va connaître l'arrivée de la vague socialiste en Europe, et le parti socialiste grec ( PASOK), dirigé par Andreas Papandréou (fils de Georges), sera porté au pouvoir.
Parcours aux résultats mitigés pour un homme de pouvoir, très populaire. Contesté, il fut un temps écarté de son poste pour être réélu et terminer peu glorieusement sa carrière politique, malade, entouré de scandales familiaux et d'affairisme politique.
Dès son départ, en 1996, le PASOK changea radicalement d'orientation sous l'impulsion d'un économiste de bonne réputation : Costas Simitis. Face à une situation économique difficile laissée par son prédécesseur, il aura le mérite d'avoir permis à la Grèce de rattraper une partie de son retard, et ainsi d'accéder, dès janvier 2002, au club des pays d'Europe ayant pour monnaie l'Euro.
De gros efforts sociaux et économiques restent cependant à faire. A l'extérieur, les relations avec la Turquie et en parallèle le problème de Chypre demeurent les sujets les plus brûlants.
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