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Athènes

Athènes est à l'image de l'histoire grecque, une ville qui n'a ni continuité ni homogénéité dans sa structure. De sa gloire dans l'antiquité, elle s'est retrouvée dans l'ombre de Byzance au moyen âge, puis de l'empire ottoman jusqu'au 19 ème siècle. C'est lors de l'échange de population avec la Turquie en 1923 (traité de Lausanne) que la population de la ville a brusquement doublé, nécessitant d'intenses et brutales constructions en béton qui se prolongèrent dans toutes les directions jusqu'aux années 70.

Aujourd'hui, la ville et ses environs comptent 5 millions d'habitants. C'est une métropole agitée, avec une circulation intense dans des rues souvent mal adaptées suite aux constructions anarchiques des années 50 et 60. Toutefois demeure chez le Grec de la rue, cet esprit communautaire qui consiste à créer, où qu'il soit, un petit village autonome avec son cachet particulier. C'est en cela que l'étranger, d'abord désorienté, va trouver un charme au milieu des bruits et des foules. Nous vous invitons à la visite de ces petits quartiers d'Athènes.

Dans la ville même se dressent huit collines, dont les deux plus élevées : le Lycabette (Lykavittos), et l'Acropole (Akropolis) peuvent se voir d'où que l'on soit dans la capitale.

 

Quartier de Syndagma :

C'est le cœur de la capitale. En son centre se trouve la vaste place de la Constitution où se trouve le tombeau du soldat inconnu. Il est gardé jour et nuit par les soldats de la Garde Nationale : les evzones en tenue traditionnelle bien caractéristique, qui font le bonheur des touristes photographes. Derrière se dresse le Parlement, ancien palais royal, d'où le roi Othon Ier en 1843 proclama la première Constitution, (en grec : syndagma ), de l'état Grec indépendant. C'est aussi un centre des affaires, avec ses hôtels de luxe, banques, offices de tourisme et agences de voyage.

Tout près de là, s'étend sur 16 hectares le jardin national le long de l'avenue Amalias (du nom de l'épouse d'Othon Ier qui créa ce jardin). Lieu de promenade, petit havre de paix où les athéniens viennent prendre un café à la mi-journée, entourés d'une végétation luxuriante et exotique. Au sud du parc se dresse le Zapeion, palais du 19 ème siècle, transformé en salle de conférence. Un peu plus loin se trouvent les colonnes et l'arche que fit construire l'empereur romain Hadrien au début de notre ère, ainsi que les restes du temple de Zeus. Ce temple de style Corinthien, et dont la construction débuta au 6 ème siècle av. J.-C., fut achevé par Hadrien en 161. C'est à partir de là, en direction du sud, que s'ouvre le boulevard Syngrou qui mène à la mer au niveau du Falère (Faliro), et au Pirée.

 

Quartier de l'Acropole :

 Akro polis signifie «  ville haute ». Celle d'Athènes, parmi les nombreuses acropoles de villes grecques, est sans conteste la plus célèbre car ornée du plus bel ensemble architectural encore en état d'être admiré. Cet ensemble fut construit entre 447 et 395 av. J.-C.

L'accès à l'Acropole se fait par son flanc ouest. On peut le joindre par plusieurs chemins dont le plus aisé est celui par le sud, récemment transformé en zone piétonne, de la rue Dionysiou Areopagitou . L'entrée se fait par les Propylées flanquées de deux ailes, au nord la Pinacothèque, au sud le temple d'Athéna Niké. L'ensemble fut construit après, et dans le prolongement du Parthénon, en colonnes Doriques et Ioniques. Au sortir des Propylées se dressait une gigantesque statue d'Athéna Promachos (« champion »), sculptée par Phidias, et qui commémorait la victoire sur les Perses. En se rapprochant du Parthénon, se trouve sur la gauche l'Erechthéion avec sa célèbre tribune des Cariatides. On arrive ainsi au pied du plus grand temple Dorique construit en Grèce, de ce marbre ambré du mont Pendélis, et dont le nom signifie « virginité » : le Parthénon. Sa construction dura neuf ans (447-438 av. J.-C.).

De l'architecture de ce temple, on ne peut éluder le génie de Phidias qui, pour assurer la beauté des perspectives, s'était efforcé de maintenir une convexité des lignes (colonnes et assises). A l'origine, ce temple abritait une statue chryséléphantine de la déesse d'Athènes : Athéna, et servait de trésorerie pour le tribut de la Cité Etat d'Athènes.

Les statues géantes d'Athéna furent descellées et amenées à Constantinople par l'empereur Byzantin en 426 après J.-C., d'où elles disparurent ou furent détruites. Le toit de marbre du Parthénon disparut, lui, lorsque les Vénitiens bombardèrent les réserves de poudre des Turcs provocant l'explosion en 1687.

Au sud-est du site, se trouve le musée de l'Acropole qui abrite des sculptures et bas-reliefs. A noter, par ailleurs, que les plus belles pièces de la frise du Parthénon se trouvent au British Museum de Londres que Lord Elgin fit enlever en 1816 pour les protéger des Ottomans. Le rapatriement de ces pièces reste un sujet brûlant.

En empruntant la même zone piétonne, Aréopagitou, et avant d'atteindre l'Acropole, se trouve d'abord, sur le flanc sud de la colline, le théâtre de Dionysos. Construit avant même le Parthénon (VI ème siècle av. J.-C.), il fut le siège des concours que se livraient Sophocle, Euripide ou Aristophane au siècle de Périclès. Reconstruit en marbre en 342 et 326 av. J.-C., il fut agrandi par les romains et pouvait accueillir plus de 17000 spectateurs.

Un peu plus loin, sur le même versant, se trouve un théâtre plus petit et construit pendant la période romaine (161-174 après J.-C.) par un riche romain : Hérode Atticus. Ce théâtre a été restauré et est le siège, chaque été, du Festival de théâtre, de musique, et de danse d'Athènes.

A l'ouest de l'Acropole, se trouve une zone boisée et vallonnée formée de trois collines :

la colline de l'Areopagos d'où St Paul délivra son sermon en 51 de notre ère et convertit les premiers athéniens, plus au sud, la colline de Filopappos, du nom du célèbre consul romain qui y fit construire son tombeau, et sur laquelle se dresse l'église de St Dimitri ; enfin la colline du Pnyx où se rassemblaient les grands orateurs qui s'adressaient au peuple d'Athènes du temps de Périclès.

Au nord de l'Aréopagos se situait l'ancienne Agora (place du marché). Elle était devenue progressivement le centre de la vie publique athénienne. On y trouve le temple d'Héphaïstos (Dieu des Arts du feu et de la Métallurgie), contemporain du Parthénon ; le portique d'Attale (du nom du roi de Pergame), construit au IIème siècle av. J.-C. et fort bien restauré ; et l'église des Saints Apôtres, construite au 11 ème siècle pour commémorer les prêches qu'avait prodigués St Paul dans l'Agora. Elle contient de belles fresques Byzantines.

 

Quartier de Plaka

 Quartier situé au Nord et à l'Est de l'Acropole. C'est, de loin, l'endroit le plus touristique d'Athènes dans le bon et mauvais sens du terme. C'est ainsi que dans les étroites et sinueuses ruelles on est vite pris par le charme des vielles bâtisses de 18 ème , et par la coloration des échoppes surchargées de souvenirs et de restaurants au milieu des rues piétonnes, mais on doit rester prudent et comparer les boutiques avant de faire son choix.

C'est un ancien quartier qui s'est développé au 19 ème , et dont certaines bâtisses du type néoclassique ont servi de refuge à de petits musées. A visiter donc, le musée des instruments de musique populaire, et le musée Kanellopoulos qui contient des intéressants objets d'artisanat, statues et céramiques. Enfin le musée d'Art populaire qui contient peintures et costumes traditionnels grecs.

C'est un quartier propice aux promenades nocturnes dans les ruelles. Celle qui traverse Plaka de part et d'autre est la rue Adrianou. A son extrémité Nord elle débouche sur l'Agora romaine (appelé aussi Forum romain), qui fut construite en extension de l'Agora grecque, par Jules César et Auguste au 1 er siècle avant notre ère. Ce site archéologique romain en bordure Nord – Ouest de Plaka abrite les restes peu fournis de la bibliothèque d'Hadrien qui fut un très grand édifice lors de sa construction en 132. Par contre a été bien conservée la Tour des Vents en marbre dont la construction est due à l'astronome Syrien Andronicus au 1 er siècle av. J.- C.

Prolongeant sa progression vers l'Ouest, et en bordure du quartier piéton de Plaka, on se plonge dans une nouvelle ambiance chaotique et chaleureuse, une sorte de « marché aux puces ». Au centre de cette zone se trouve une place et une station de métro qui lui ont donné son nom : Monastiraki. Marché idéal pour celui qui aime fouiner et dénicher quelques vieilleries, de toutes sortes. Au milieu des boutiques, et parfois même des rues, se dressent de petites églises orthodoxes, plus au Nord, sur l'avenue Ermou dans une grande place on peut admirer deux cathédrales, la Petite Métropole datant du 12 ème siècle, et la Grande Métropole, plus récente (19 ème ) qui est la cathédrale d'Athènes où ont lieu toutes les cérémonies officielles.

 

Kolonaki et le Lycabette

 Ce quartier se situe au Nord–Ouest du quartier de Syndagma. C'est aussi le quartier chic d'Athènes où les gens aisés viennent prendre un verre dans les nombreux cafés qui s'étalent sur les trottoirs et les rues piétonnes. La place Kolonaki est de ce point de vue exemplaire.

Dans la zone se trouvent des boutiques de luxe et des galeries d'art pour le shopping de haut de gamme.

C'est aussi un quartier où l'on trouve la plupart des musées dont certains fraîchement rénovés.

 

Le musée Benaki, du nom d'un riche collectionneur grec qui léga une collection disparate qui couvre l'ensemble des âges de l'art de la Grèce. C'est ainsi qu'il est possible, avec l'aide d'un bon guide, de reconstituer au milieu des œuvres, l'Histoire de la Grèce. A noter tout de même une importante collection de costumes traditionnels et d'objets de culte.

 

Le musée Goulandris, ou musée Cycladique, lui aussi à l'origine d'une collection privée, et qui présente plus spécifiquement l'art des Cyclades dont l'apogée se situe entre 3000 et 2000 av. J.- C. La grâce et la pureté des figurines de cette époque ont inspiré les artistes contemporains.

 

Le musée de la guerre, sur l'avenue Vasilissis Sofias, qui relate les guerres que connut la Grèce depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. La guerre (en grec : polémos), avait joué un rôle majeur dans l'antiquité, elle était un des piliers de l'existence du peuple grec. On doit aussi noter la qualité des salles consacrées à la guerre d'indépendance et de la résistance au cours de la seconde guerre mondiale.

 

Le musée d'Art byzantin, à deux pas du précédant, est situé dans une villa de style florentin dont le charme, à lui seul, vaut le détour. On y trouve reconstituée une église byzantine du 11 ème siècle ainsi qu'une collection d'icônes de plus de 600 ans d'âge, très bien conservées.

 

Plus haut, sur cette même avenue, est logée dans un immeuble moderne la Pinacothèque nationale. C'est un musée qui abrite essentiellement des œuvres de peintres et sculpteurs grecs, peu connues au niveau international,mais qui méritent le détour. Toutefois, sont exposées quelques œuvres du Greco, peintre natif de la Crète, mais qui fit carrière en Italie et surtout en Espagne. La Pinacothèque nationale est souvent le siège d'expositions temporaires de qualité.

Le Lycabette est la colline la plus élevée d'Athènes (277m). Elle se situe sur la bordure Nord du quartier de Kolonaki. C'est certainement l'une des promenades les plus agréables de la capitale par un chemin à travers une pinède odorante. Pour les plus fatigués il y a un téléphérique qui mène au sommet de la colline. A ce sommet a été construite au 19 ème siècle la chapelle de Saint-Georges d'où on peut avoir une des vues les plus belles d'Athènes et en particulier la nuit, lorsque le Parthénon se trouve illuminé.

De l'autre côté de la colline, sur son flan Est, a été récemment construit un théâtre en plein air (théâtre du Lycabette) qui accueille des concerts de jazz ou de rock durant le festival d'Athènes.

 

Quartier d'Omonia

 Quartier qui porte le nom de la grande place qui est le carrefour de six grandes avenues d'Athènes, ce qui lui confère le triste record de la zone la plus bruyante de la capitale. Deux de ces axes, avenue Stadiou et avenue Panepistimiou, relient la place Omonia à la place Syndagma. C'est aussi la jointure entre deux mondes très différents ; l'un Européanisé d'aspect moderne autour de Syndagma, l'autre rappelant les Balkans et l'Asie mineure. Même différenciation dans les niveaux de vie, il est symptomatique d'observer, en remontant en particulier l'avenue Stadiou depuis Omonia, la transformation progressive des magasins de vêtements à bon marché en boutiques de luxe à l'approche de Syndagma.

Pourtant le quartier d'Omonia ne manque pas de charme. C'est d'abord le marché le plus animé de la ville que l'on rejoint par l'avenue Athinas : marché central ou halle qui regroupe le marché de viande et de poisson de la ville. Autour de ce centre d'animation intense se greffent, le soir venu, des petits cafés (ouzeries) où se boit l'alcool grec ouzo, et les boites de « rebetiko », version moderne de danse qui allie musique orientale au spleen occidental.

C'est bien dans ce quartier que l'on ressent le plus l'identité culturelle du peuple grec.

 

En suivant, vers le Nord, l'avenue du 28 octobre (ancienne Patision), un peu après l'école Polytechnique d'Athènes, se trouve le Musée Archéologique national. Musée incontournable pour le visiteur, qui rassemble les principaux trésors de la civilisation Grecque à travers les âges, il regroupe les antiquités depuis le néolithique, en passant par le Cycladique, le Mycénien, les sculptures des périodes Archaïque, Classique, Hellénistique et Romaine. Une section du musée est réservée aux découvertes faites sur le site d'Akrotiri, ville ensevelie par l'explosion du volcan de Santorin et d'où des fresques ont été extraordinairement conservées.

Dans d'autres salles peuvent être admirées des collections de poteries et de bijoux anciens.

 

 

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